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Nouvelles du Ministère
Au ministère du Tourisme, une reconnaissance des compétences francophones des fonctionnaires
02 décembre 2013
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L'Orient Le Jour (2/12/2013):

Ils sont deux examinateurs venus tout droit de France jusqu'au Liban, avec en tête un seul souci : assurer à la francophonie une pérennité au quotidien et dans l'emploi, dans le monde. Pendant plus de quatre jours, Annick d'Almeida-Agbojan, spécialiste de programme à la division de la langue française à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), et Jean Marcel Lauginie, président de l'association APFA (Actions pour promouvoir le français des affaires), ont reçu tour à tour des fonctionnaires du ministère du Tourisme pour un entretien d'une demi-heure, au cours duquel ils ont décidé de décerner ou pas aux candidats la Validation des acquis francophones initiaux en entreprise (VAFIE), une certification officielle francophone gratuite. Au bout des quatre jours d'examen dans les locaux du ministère, la VAFIE a été délivrée à l'ensemble des 62 candidats.


« La VAFIE n'est pas un diplôme, mais plutôt une reconnaissance, une valorisation des compétences francophones, délivrée après un entretien au cours duquel on tente d'évaluer la capacité du candidat à se faire comprendre en français, et sa manière d'améliorer la langue française par rapport à l'arabe, explique M. Lauginie. Les candidats doivent tenter de décrire leurs lieux de travail, leurs activités professionnelles, et leur découverte au travail de la langue française en relation avec la langue arabe. La VAFIE vise en effet à valoriser essentiellement les efforts de personnes, qui au départ n'ont pas forcément appris la langue à l'université ou à l'école, mais qui ont appris le français à travers l'exercice de leur métier en relation avec un public français. » Et d'ajouter : « Les candidats ne sont pas pris au dépourvu, puisqu'ils ont la possibilité de préparer cet entretien grâce à un guide de l'entretien personnel. Sur les 62 candidats que nous avons examinés, tous seront lauréats de la VAFIE. Ils n'ont pas tous le même niveau, mais ils ont tous une passion pour la langue française. À travers notre évaluation, nous pouvons certifier que leurs connaissances concernant le monde des affaires en français sont bien là, mais ils manquent de pratique dans leur métier au quotidien. »


Par ailleurs, M. Lauginie note une certaine nostalgie chez les candidats qui regrettent utiliser de moins en moins la langue française.
Gérée par l'APFA qui est à l'origine de cette idée, la VAFIE se fait grâce à l'appui de l'OIF qui a consenti à soutenir le projet. Cette démarche s'inscrit dans le cadre de la signature du pacte linguistique entre l'OIF et le Liban, et constitue une suite à la mission préparatoire qui s'est tenue en 2011 à cet effet. Le Liban est, par ailleurs, le second pays à témoigner d'un tel examen, après le Vanuatu où cette validation a été attribuée à 16 candidats. Au pays du Cèdre, elle vise principalement à pousser les lauréats à devenir des acteurs de terrain pour l'élaboration de modèles francophones de l'intercompréhension entre la langue française et arabe, et à les encourager à s'approfondir dans l'apprentissage de la langue de Molière.

 

La francophonie chez les employés de base
Au départ, les examinateurs de la VAFIE espéraient traiter avec des citoyens exerçant des métiers tertiaires des secteurs de l'artisanat, du commerce, de l'hôtellerie et du transport (chauffeurs de taxi, vendeurs, etc.). L'évaluation de ces profils étant moins accessible, les deux membres de la mission ont accepté de soumettre des fonctionnaires de la fonction publique à l'évaluation, sans que cela ne les empêche d'effectuer une tournée dans la capitale pour relever quelques remarques. « La langue française existe bien au Liban, mais elle n'est pas toujours très maîtrisée chez les chauffeurs de taxi, les vendeurs et les serveurs. Il y a bien plus de gens qu'on imagine qui utilisent des mots de français. C'est une richesse pas assez mise en évidence », explique Annick d'Almeida-Agbojan, qui affirme pourtant qu'évaluer des fonctionnaires de base de la fonction publique est important, « car se sont ces personnes, plutôt que l'élite, qui assurent la transmission de la francophonie au quotidien ».


De son côté, Nada Sardouk, directrice générale du ministère du Tourisme qui a régi les examens de la VAFIE, qualifie l'expérience d'« unique ». « Nous avions participé à la mission préparatoire qui s'était tenue fin 2011 avec le ministre Gaby Layoun, et la mission n'a pas vraiment porté ses fruits en deux ans. Nous nous sommes donc portés volontaires pour nous soumettre à la VAFIE aujourd'hui, car nous avons l'image d'un pays francophone, déclare-t-elle. Au ministère, nous utilisons généralement l'arabe au quotidien, et l'anglais pour échanger avec les délégations que nous recevons, mais notre communication se doit de passer par trois langues. » « Je suis fière d'être à la tête d'une administration qui accepte de se porter volontaire pour se faire évaluer », ajoute-t-elle, affirmant que « l'expérience a été prise avec sérieux et convivialité par les fonctionnaires qui s'y sont préparés pendant deux mois ».


Rappelons que l'APFA, qui est à l'origine de la naissance de la VAFIE, œuvre depuis 1984 à diffuser les mots nouveaux du monde des affaires en langue française, généralement connus en anglais. Ces nouveaux termes publiés dans le Journal officiel après avoir été approuvés par de nombreuses instances dont l'Académie française, font l'objet de l'épreuve annuelle des Mots d'or. Cette dernière évalue les connaissances des participants en ce qui concerne les mots les plus récents, progressivement intégrés dans le jargon quotidien du business en France pour remplacer les mots anglo-saxons. Ainsi, « side event » devient « manifestation parallèle », « boat people » devient « réfugié de la mer », « hashtag » devient « mot-dièse », et « waiting period » devient « période de silence ».


http://www.lorientlejour.com/article/845155/au-ministere-du-tourisme-une-reconnaissance-des-competences-francophones-des-employes.html